Le 1er mai est le jour consacré à la fête de l’agriculture et du travail en Haïti. Il s’agit bien d’une fête institutionnelle reposant sur une base constitutionnelle. En effet, la Constitution impériale de 1805, la première de notre histoire nationale, sous le règne de l’Empereur Jean-Jacques Dessalines, parlait déjà (art. 27) de la fête nationale de l’agriculture. Puis, la Constitution de 1816, en son article 34, sous le règne d’Alexandre Pétion, consacrait le 1er mai comme date officielle de la fête de l’agriculture. Mais c’est dans la Constitution de 1946 que l’on retrouve, de manière explicite, en son article 139, le couple conceptuel agriculture et travail.
La fête de l’agriculture et du travail, célébrée le 1er mai, jalonne donc toute l’histoire de la vie nationale, de 1805 à nos jours. Compte tenu du rôle central qu’occupe la terre dans le procès social de production en Haïti, on comprend alors le sens de l’association qui est faite par les promoteurs de la Constitution de 1946 entre l’agriculture et le travail dans les activités politiques et sociales du 1er mai. Au regard de l’histoire contemporaine du pays, il convient néanmoins de souligner que la société haitienne cherche progressivement à sortir de l’ère agraire.
Face à cette grève, la réaction de la bourgeoisie a été violente, tant la répression policière fut brutale, avec des attentats et des morts parmi les travailleurs, ainsi que des arrestations injustifiées au sein de la classe ouvrière. La mobilisation des ouvriers de Chicago a très vite débordé le cadre de cette ville pour atteindre tout le territoire américain. L’Europe ouvrière n’a pas caché son indignation. En résumé, la date du 1er mai aux États-Unis s’est instituée dans la violence et le sang.
En 1889, soit trois ans plus tard, l’Internationale ouvrière ou socialiste, regroupant des partis socialistes et ouvriers d’Europe, à l’issue de son congrès à Paris, décidait de faire du 1er mai une journée mondiale de mobilisation ouvrière. L’objectif initial était la réduction du temps de travail à 8 heures et la reconnaissance des droits syndicaux et sociaux.
Le 1er mai constitue donc une journée de réflexions de grande importance pour faire le point sur la question laborale et l’état d’avancement de la lutte des travailleurs, de toutes catégories et à différents niveaux. Cette célébration est fondamentalement revendicative.
Le Mouvement des Travailleurs et des Citoyens (MTC), comme parti alternatif cherchant à défendre les intérêts de tous les travailleurs en général, se sent interpellé par les conditions exécrables de vie aujourd’hui des travailleurs haïtiens, manuels et intellectuels. Ainsi, le Secrétariat général du mouvement a-t-il profité de la date du 1er mai de cette année pour organiser trois grandes Assemblées des Coordinations Départementales de MTC : le Nord au Cap-Haïtien, le 1er mai ; le Sud aux Cayes, le 02 mai et les Nippes à Miragoâne, le 03 mai 2026.
Quand on considère le nombre de chômeurs de notre pays (plus de 80 % de la population active), les conditions de travail et les salaires misérables que le patronat attribue aux travailleurs, le MTC, comme parti avant-gardiste, a mis ces revendications au centre de ses préoccupations lors de ces assises qui visent, d’une part, au renforcement et à la structuration du parti et, d’autre part, à la formulation de pistes d’actions pouvant aider à améliorer le niveau de vie des travailleurs haïtiens.
Le MTC, dans sa démarche, produit des réflexions pour la transformation de la société haïtienne, pour un nouveau souffle dans le paysage politique haïtien et pour une société où règne véritablement la justice sociale.
En organisant ces Assemblées Départementales, faites de réflexions stratégiques et de débats, le Mouvement des Travailleurs et des Citoyens cherche à être l’outil organisationnel de la gauche populaire qui conduira des luttes de rupture et de transformation sociale. Car, comme nous avons pu le constater, les élites oligarques en alliance structurelle avec les libéraux traditionnels et les néolibéraux ont systématiquement détruit la base économique du pays plongeant ainsi les travailleurs dans une situation de très grande précarité qui les empêche de jouir de la plénitude de leurs droits citoyens.
SIMEN POU DEMEN
Port-au-Prince, le 04 mai 2026
Secrétariat Général du Mouvement des Travailleurs et des Citoyens







